catherine pachowski


En septembre 2011, débuta l’élagage de la forêt que j’avais tant photographiée. Je continuais cependant mes promenades, observant la lumière rasant les arbres abattus.

Au centre, la coupe était blanche : plus un arbre debout. La lumière frappait le sol et les morceaux de bois disséminés. La bataille était totale.

A la fin de l’automne, j’emménageais dans une chambre à côté. Je visitais la forêt chaque jour. J’y croisais souvent un couple de cavaliers en uniforme qui me disaient que tout allait bien.

Chaque jour, je ramassais de nouvelles chutes de bucheron que je ramenais dans ma chambre. La forme de la coupe les distinguait en soleils ou flammes. Les soleils prenaient place sur les étagères qui traversaient la pièce, et les flammes se dressaient sur le parquet autour du lit dans lequel je dormais.

Lorsque l’hiver fût bien engagé, les chutes de bucheron cessèrent, laissant la foret silencieuse et pâle. Je regagnais alors mon appartement en ville.

La foret était déserte ; et la chambre que j’abandonnais pleine de quatre-vingt trois soleils et flammes. Je décidais alors d’en faire un livre de quatre-vingt trois pages, avec à chaque page la photo d’une sculpture, qui ressemble à un dessin peint à la gouache.


Soleils et flammes, 2013   >>

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